________Note de l'auteurDepuis que j'étais en âge de former mes premières phrases, au c½ur de ma plus tendre enfance, un étrange songe, réminiscence d'une possible vie antérieure, hantait mes rêves, tel un étrange spectre de mystère...
Je souhaiterais vous raconter d'ailleurs une anecdote à ce sujet, aux allures de mensonge pourtant vérité... Mon rêve. Rêve de toujours et d'un jour... Ou plutôt d'une nuit...
« Comme tous les soirs, je contemplais la Lune, mystique astre à la fantomatique lueur d'argent, qui éclairait doucement le champ, le transformant en une mer d'herbes mouvantes à la couleur de saphir. De petites ondulations parcouraient les jeunes pousses de blés, telles des vagues sur un océan agité.
Une étrange plainte lancinante s'élevait du ch½ur des arbres, qui dansaient souplement dans le vent soufflant fortement par cette nuit sombre où le brouillard lentement recouvrait les lieux, leur conférant une allure mystérieuse.
Ô, qu'aurais-je donné pour pouvoir m'envoler, survoler cet endroit ! Qu'aurais-je donné pour posséder une paire d'ailes au doux duvet blanc, tel un ange... !
Mais malheureusement, ceci n'était qu'un rêve, un fantasme éveillé, qui errai dans mon sommeil, dans ma conscience, libre...Mais qui malheureusement, jamais ne pourrait se réaliser, car irréel...
Avec un soupir nettement exagéré, tant je soufrais d'être humaine, normale, à la banalité effrayante, je regagnai avec lenteur mon lit à baldaquin composé d'une moustiquaire blanche avant de m'y écrouler, soucieuse.
Par la fenêtre encore ouverte s'échappaient d'étranges bruits de la nuit, tels des battements d'ailes, infimes mais magnifiques, de chauves-souris, hululements de hiboux...
Je réfléchissais, perdue dans mes pensées, m'évadant dans la contemplation des étranges reflets de satin du rideau de gaze qui s'étendait au dessus de ma tête.
Je ne sus pas combien de temps je restais comme cela, à rêver d'autres mondes, mais je sais par contre que, quand je me réveillais, si du moins, je m'étais endormie, la pièce était plongée dans la pénombre, la tempête s'était manifestement calmée également.
Me frottant pensivement les yeux, je me mettais en position assise sur la couette aux motifs de notes de musiques. Quelque chose clochait, bien que je ne sache quoi. Pas un bruit ne retentissait, un calme pesant, un silence dérangeant régnait, m'étouffant...
Bizarrement, je me sentais légère, et j'avais l'impression qu'au moindre pas que je ferais, je m'envolerais, tel un ange, prince des airs...Je me ressaisis. C'était impossible, voyons, autant se raisonner !
Une soudaine soif me brûlant la gorge, je me levais avec la vague idée en tête de me rendre à la cuisine boire un verre d'eau. Je m'étirais et me levais, faisant grincer les ressors du lit, avant de sortir de ma chambre, tout en réfléchissant intensément...
Le couloir était très sombre, et étrangement, alors que le noir ne m'avait jamais fait peur, ni ne me gênait, une sensation de frayeur intense m'envahit, et ce, pour une raison inconnue. Brusquement, j'étais apeurée, oppressée. Les yeux exorbités de terreur, j'accélérai la cadence de mon pas, fredonnant à mi-voix en même temps les paroles d'une chanson pour me donner courage.
- Sparkling angel, couldn't see your dark intentions, murmurais-je, la voix tremblante, alors que je frissonnais, terrifiée.
Derrière moi, un froissement suspect qui n'avait pas lieu d'être retentit, me glaçant le sang. Une sueur froide, comme électrique parcourut mon dos, cependant que je me mettais à courir vers la cuisine qui me paraissait être mon seul salut, mon échappatoire...
Enfin, sortie solitaire, légèrement floue, entrée qui certainement me sauverait, la porte fermée de la cuisine m'apparut. J'espérais de tout mon être qu'elle n'était pas fermée à clé et augmentai encore l'allure, brusquement pressée. Enfin, les bouts de mes doigts moites heurtèrent sa surface lisse et glissèrent vers la clenche. J'appuyai dessus, ne jetant pas un regard derrière moi, mais celle-ci resta hermétiquement fermée. Haletante, je tournais fiévreusement la clé dans sa serrure. Un « clic !» satisfaisant retentit alors et je poussai le battant, effrayée...quand une chose glacée, même à travers l'épais tissu de mon pyjama, se posa sur mon épaule. Je hurlai de terreur avant de me précipiter dans la pièce et de poser ma paume frémissante sur l'interrupteur. Une lumière crue inonda alors l'endroit, me faisant à demi fermer mes yeux endoloris par tant de clarté si brusquement.
Alors, je me retournais. J'ouvrais la bouche pour crier, mais le son resta coincé dans ma gorge.
Devant moi, un être à la peau d'une pâleur fantomatique se tenait négligemment, un sourire aux lèvres. Des cheveux d'un brun magnifique, légèrement en bataille, encadraient son visage rieur, aux traits fins, innocents comme gravés dans la pierre. Il était vêtu d'une sorte de longue et ample tunique d'une blanche pureté. Je restai de marbre devant tant de magnificence mais aussi, par cette apparition si soudaine.
- Bonjour, ou plutôt bonsoir..., fit-il alors, d'une voix de velours aux intonations teintées d'amusement.
Je continuais à le fixer bêtement, incapable d'un autre geste. Il ressemblait tant à mon père, qui se battait alors en Angleterre où une sanglante guerre faisait rage ! Tant les similitudes entres ces traits et ceux de celui qui m'avait mis au monde me troublèrent, je me mis à pleurer, des larmes noyant mes yeux pleins de terreur.
L'apparition, devenue flou à cause de mes yeux rougis et mouillés, s'avança manifestement vers moi, timidement.
Cependant que je sanglotais, seule, ne prenant pas compte de la réalité qui m'entourait, une main douce et froide se posa sur ma joue, la caressa, s'y attarda. Je levais alors le regard vers lui. Le visage soucieux, il m'observait attentivement. Je pris alors conscience qu'une paire...d'ailes blanches, duveteuses, étranges, pointaient de son dos plutôt large.
Je me rendis alors compte que celui qui me faisait face était...un ange...L'ange de mon père...Car cela ne pouvait signifier qu'une chose...Il avait rejoint l'autre coté du miroir...
-Papa ? Demandais-je alors, pas tout à fait certaine de mes dires.
Il acquiesça doucement de la tête, alors que je luttais contre le vertige qui me prenait. J'étais sur le point de m'évanouir. Il chuchota alors :
-Je ne puis rester longtemps, ma chérie, je suis juste venue te dire au revoir. Sache que je t'aime et que je veillerais sur toi, ainsi que ta mère.
Il me regarda encore avec tendresse, me sourit, et passa sa main dans mes cheveux, avant de s'éloigner dans le couloir. Je l'entendis ouvrir la porte de l'entrée, normalement fermée à clé...avant de probablement disparaître par celle-ci. Je voulu le suivre, mais mes pieds refusèrent de me porter jusque là-bas. Pétrifiée, je manquais d'air, était en train de m'asphyxier...
Papa, mort... Impossible...
Alors, je tombais à terre, évanouie, incapable de plus en supporter...
Quand je m'éveillais, j'étais allongée dans mon lit, comme si je ne l'avais jamais quittée.
Je me frottais les yeux. Ce rêve... Il avait l'air si... réel ! Mais il n'était qu'un rêve...
Affligée par cette nouvelle tout de même dure à surmonter, bien qu'irréelle, je me levais.
Sur ma table de chevet, un objet brillant attira mon regard. Une carte. Tiens bizarre, je ne me souvenais pas avoir eue une carte d'un quelconque ami, récemment...
Je la pris et louchais sur l'ange représenté sur un verseau de celle-ci. « Tu seras toujours gravé dans mon c½ur » était noté en cursives à l'encre bleue, en dessous du dessin. Me posant de nombreuses questions, je la reposais, avant de descendre l'escalier pour aller rejoindre ma mère dans la cuisine, qui, bien que je ne le sache point encore, pleurait mon défunt père...
De puis ce jour, chaque nuit, mes songes m'ont portés vers les cieux, et j'ai pu revoir mon père, cet ange au visage empreint de douceur... »
J'aime l'onirisme qui se dégage de tes mots. Merci,
________________________________________________________________________Malédiction des Loups.